Les lentilles en macro-sub !

Avant tout, un petit lexique :
- distance de mise au point (ou map) : la distance qui sépare le capteur du sujet,
- distance de travail : la distance qui sépare l’extrémité de l’objectif du sujet,
- aberration chromatique : elle se traduit par l’apparition de franges colorées sur les contours des éléments d’une image.

Il existe plusieurs moyens de modifier le rapport de grossissement d’un objectif :
- les multiplicateurs de focale : ils amènent une perte de luminosité ce qui n’est pas forcément gênant sous l’eau vu qu’on est (quasiment) forcé d’utiliser des flashs ! On conserve les propriétés de l’optique en termes de distance de mise au point minimale et maximale.
- les tubes d’extension : ils amènent eux aussi une perte de luminosité (moindre qu’avec les multiplicateurs) et diminuent la distance minimale et maximale de mise au point.
- les lentilles : elles n’amènent quasiment pas de perte de luminosité mais diminuent aussi la distance minimale et maximale de mise au point.

Quel que soit le dispositif retenu, il amènera une diminution de la profondeur de champs et une perte de qualité même si elle n’est que légère mais, d’un autre côté, il permettra de faire des images qu’on ne peut faire autrement. En soit, pour les photographes subaquatiques, ce qui est surtout gênant c’est qu’une fois dans un caisson sous l’eau on est tenu de faire du petit voire du tout petit. A cela, les lentilles peuvent avoir un avantage : il existe des modèles que l’on peut adapter à l’extérieur du caisson… sur l’avant du hublot – leur amovibilité permet de ne pas se cantonner à du tout petit durant toute une plongée !

Que ce soit pour la photo terrestre ou subaquatique, elles peuvent avoir des caractéristiques variées (et les prix qui en découlent) :
- achromatique ou non : les achromatiques sont constitués de 2 lentilles séparées par de l’air – cela permet de diminuer de manière conséquentes les phénomènes d’aberration chromatique. Il existe aussi les modèles apochromatiques qui sont constitués de 3 lentilles.
- dioptrie : Unité de puissance des systèmes optiques qui permet de calculer le taux de grossissement…

Avant de se lancer dans l’achat et l’utilisation de ce type de dispositif, il faut savoir que selon l’objectif utilisé « l’effet » ne sera pas le même ! En fait, 2 critères rentrent en ligne de compte :
- la focale : plus elle est longue, plus le grossissement sera important,
- le rapport de reproduction : plus il est important, plus le grossissement sera important.
Par exemple, avec une lentille +10, vous obtiendrez :
- avec un 105mm amenant un rapport de 1:1 > du 2.2:1
- avec un 105mm amenant un rapport de 1:2 > du 1.5:1
- avec un 60mm amenant un rapport de 1:1 > du 1.5:1

Pour faire plus simple, vous pouvez calculer grâce à l’utilitaire ci-dessous le rapport de grossissement en fonction de votre objectif et de la lentille utilisée.

Si on tient compte du fait qu’elles diminuent le distance de mise au point minimale et qu’elles amènent une perte de qualité, il vaut donc mieux les utiliser à bon escient ! A savoir mettre une lentille alors que le sujet est à la distance minimale de mise au point ou plus loin est tout sauf intéressant puisque contrairement à ce qui se dit souvent, elles n’ont pas un « effet loupe » dans ce cas. En effet, on n’obtiendra pas un grossissement mais, à l’inverse, une diminution de la taille de reproduction à quoi il faut ajouter une perte de qualité ce qui est tout l’inverse de l’effet désiré ! Une seule exception connue à ce jour : la lentille immergeable Subsee conçue par la société Reefnet au Canada qui amène un léger grossissement (ce qui est probablement dû à son épaisseur de 5cm). Pour bien faire, il faut donc d’abord tenter de prendre son sujet sans lentille en essayant d’atteindre la distance de map mini. Si vous sentez que vous pouvez vous approcher, là seulement vous aurez intérêt à ajouter une lentille à moins que votre distance de travail ne vous le permette pas !

Je vois beaucoup de photographes utiliser des lentilles avec le 60mm Nikon. Celui-ci a une distance de travail si faible qu’il est tout à fait inintéressant d’utiliser des lentilles avec puisqu’elle sera encore plus réduite (2 ou 3 cm) – si on ajoute l’épaisseur d’une lentille externe, on obtiendra forcément l’effet inverse de celui qu’on a cherché à savoir une diminution de la taille de reproduction du sujet avec, en prime, une perte de qualité !

Voilà un exemple d’image prise avec un 105mm permettant d’obtenir le rapport 1:1 et, pour l’image 2 et l’image 3, une lentille x10 (Nikon 6T) ! On constate assez aisément qu’en étant à la distance minimale de mise au point la lentille n’apporte rien… au contraire !

Pour utiliser une lentille, préférez donc les optiques qui vous laissent au moins une dizaine de centimètre pour éclairer correctement votre sujet ! Bien sûr, ce qui est vrai en photo subaquatique ne l’est pas en photo terrestre où on n’utilise pas nécessairement un flash… et si on en utilise un on aura plus de facilités pour le placer comme il se doit !

Les « quelques » modèles du moment :

http://www.aquatilia.com/Blog/ArtLns/lns_woopy.jpg Celle qui est communément appelé par nos amis anglo-saxons la ‘woopy’s diopter’ ! A ce que je sais, elle est de conception Nexus.

Ce n’est pas une lentille achromatique et, à ce titre, est la moins onéreuse des 3 citées ! C’est une ‘+3,3′ dioptrie environ et elle permettra d’aborder l’au-delà de 1:1 sans trop être effrayé par la difficulté de mise au point.

http://www.aquatilia.com/Blog/ArtLns/lns_macromate.jpg Une des premières ‘+ 10′ achromatiques ! Conçu par Backscatter aux Etats-Unis, la qualité a été un axe majeur dans sa conception. Le prix qui en découle peut être rhédibitoire : 499$ pour la version de base et 599$ pour la version ‘flip’ qui permet de laisser la lentille sur le hublot durant toute la plongée.
http://www.aquatilia.com/Blog/ArtLns/lns_subsee.jpg La dernière née puisqu’elle a une droit à un ‘lifting’ en début d’année 2010 : une ‘+10′ achromatique en verre ! Elle présage d’une qualité tout à fait honorable – la première version était déjà connue et reconnue pour ses qualités alors qu’elle n’était pas en verre. Cette deuxième mouture permet aussi une utilisation avec des appareils photo full-frame.

Pour ceux qui privilégient la qualité maximale, il peut être très intéressant d’utiliser des lentilles terrestres vissées directement sur l’extrémité de l’objectif, derrière le verre du hublot ! On trouvera son bonheur chez différents fabricants mais là aussi, pour que la qualité soit au rendez-vous, il faudra y mettre le prix. Je citerai notamment les Nikon 5T et 6T et les Canon 250d et 500d : des lentilles achromatiques qui font référence en la matière.

http://www.aquatilia.com/Blog/ArtLns/lns_5T_6T.jpg

Et le grossissement sous l’eau ?
Une conversation plutôt intéressante sur un forum m’a amené à faire des tests plus poussés puisqu’on entend souvent dire que la présence de l’eau amène un grossissement d’1/3 du sujet ! En fait, qu’il y ait une lentille ou pas, il n’en est rien puisque seule la notion de distance réelle et distance apparente rentre en ligne de compte : un sujet qui se trouve à une distance apparente d’1m se trouve donc à une distance réelle d’1m33 ! Voici un TP des plus simplistes qui mettra cela en évidence :
- disposez votre appareil photo dans une bassine sans eau avec un sujet sur lequel vous faites la mise au point puis déclenchez,
- ajoutez ensuite de l’eau sans faire de mise au point : le sujet et flou,
- éloignez alors le sujet d’1/3 de la distance sans faire la mise au point… et vous obtiendrez la même image que précédemment.

2 commentaires sur “Les lentilles en macro-sub !”

  1. Damien B dit :

    Merci Claude pr tes articles. Trés bien écrit.

  2. jean-philippe c dit :

    ou comment faire simple, complet et accessible

    merci

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